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Dubai

Les Émirats : Silicon Valley du Moyen-Orient ?

Déterminée à réduire sa dépendance aux hydrocarbures, la ville de Dubai renforce l’attractivité de son écosystème de start-up et continue d’attirer des talents.

 

DUBAI Tech : el dorado ou mirage ?

Les Émirats favorisent la rencontre des talents et la synergie des compétences. De plus, Dubai est la porte d’entrée de nombreux marchés. De ce fait, il faut souligner que peu d’endroits dans le monde cumulent ces avantages. Ainsi, dans les régions du Proche et Moyen-Orient, Dubaï se classe en deuxième position derrière Tel-Aviv avec 755 millions de dollars investis dans des start-up au premier semestre 2021, selon la plateforme de recherche Magnitt.

Cependant, au-delà de ces 755 millions de dollars injectés dans les start-up, il est plus pertinent de s’intéresser à la forte croissance sans précédent qu’a connu le secteur. Par rapport à 2020, nous pouvons souligner une croissance dépassant les +69% (en valeur) bien que cette dernière soit en partie la conséquence de la levée de fonds tentaculaire de Kitopi qui s’élève à plus de 415 millions de dollars. Pour information, Kitopie est un concepteur de « cuisines partagées » (« cloud kitchen ») dans la région.

 

 

Au total, d’après la Chambre de commerce, ce sont plus de 12 000 start-up qui ont été aidées depuis 2016. Un chiffre prometteur !

 

Dubaï : un écosystème qui manque de maturité, mais très prometteur  

En effet, l’écosystème des start-up dubaïote manque pourtant encore de maturité selon certains spécialistes.

Selon Matthieu Cartillier, qui dirige l’école de code Le Wagon, dont une antenne s’est ouverte il y a un an à Dubaï, ce jeune écosystème aurait « peut-être dix ans de retard ».

Toutefois, une chose est sure : la révolution est en marche. Décidés à ne plus dépendre des hydrocarbures qui représentent plus de 30% du PIB et à diversifier leur économie, les Émirats Arabes Unis ont lancé dès 2014 une stratégie nationale pour l’innovation qui sert d’ossature à l’entrepreneuriat.

Par ailleurs, il est intéressant de relever que certains secteurs et certaines filières sont plus matures que d’autres dans la région. En effet, si la scène technologique a émergé à Dubaï avec l’e-commerce, les applications de livraison à domicile, les Émirats se concentrent aujourd’hui sur des thèmes beaucoup plus ambitieux : conquête spatiale, énergies du futur…

Pour réussir cette conquête de l’avenir, les Émirats misent sur une stratégie d’attractivité agressive. Par cela, il faut entendre la pratique d’un dumping fiscal décomplexé. Au sein même des zones franches, les étrangers peuvent créer une entreprise, en détenir le capital sans recourir à un partenaire local. Les plus méritants ont même droit à des « Golden visas » de dix ans ; les plus fortunés se voient offrir la nationalité. 

« Tout n’est pas parfait. Les Émirats, qui se sont retrouvés sur la liste des paradis fiscaux, appliquent aux banques des règles de conformité très strictes qui génèrent de la bureaucratie (par exemple, ouvrir un compte bancaire en moins de six semaines est quasiment impossible, NDLR), ajoute cet ancien étudiant d’HEC Paris, mais il fait bon vivre à Dubaï pour un entrepreneur et – très important – pour sa famille ».

 

Concurrence saoudienne 

Le succès de Dubaï n’a pas laissé indifférent le voisin saoudien qui convoite la belle croissance et diversification économique des Émirats Arabes Unis. Ainsi, le Royaume d’Arabie Saoudite tente également de sortir du cercle vicieux de l’économie de la rente basée sur les hydrocarbures qui représentent 42% du PIB.

En février, Riyad a posé un ultimatum aux multinationales : soit elles décident d’installer leur siège en Arabie Saoudite d’ici à 2024, ou les très lucratifs contrats publics leur passent sous le nez.

Ensuite, si la question des multinationales est un enjeu majeur, la concurrence économique et technologique entre les Émirats et l’Arabie saoudite est présente même pour les start-up.

 

Témoignage tiré du Figaro 

« Le royaume, qui a démarré sa diversification économique plus tardivement avec le plan Vision 2030 en 2016, a assoupli ses règles sociales, modernisé ses structures économiques et décuplé les investissements technologiques. Au point d’attirer les foules ? Installée à Dubaï depuis onze ans, la Française Julie Barbier-Leblan a fondé plusieurs start-up dédiées au monde du g-commerce ( « g » pour « gift » , cadeau en anglais) dont Merit Incentives.

Aujourd’hui, cette ex-avocate d’affaires envisage le grand saut vers l’Arabie. Elle y a d’ailleurs déjà ouvert une société. « Trois de nos investisseurs sont saoudiens. Compte tenu du potentiel et de la taille du marché, cela fait sens pour nous. Alors pourquoi pas ? Ce qui pourrait me faire hésiter, c’est la qualité de l’enseignement pour mes enfants. » Conscients du risque, les EAU misent sur leur « art de vivre » pour retenir ces talents.

De ce point de vue, le succès de l’Exposition universelle 2020 les conforte. Un tour de force qui devrait encore faire grincer des dents du côté de l’Arabie saoudite.